Près de 6 % des revenus des seniors consacrés à leur santé

Les dépenses de santé augmentent fortement entre 50 et 80 ans. Certains postes sont plus  concernés que d’autres : ainsi, les plus de 60 ans consomment 67 % des actes d’auxiliaires médicaux (soins infirmiers, kiné...), 60 % des transports de malades et plus de 50 % des soins hospitaliers (source : Drees).

Au total, entre ce qu’il leur reste à charge après remboursements et les primes payées pour leur assurance santé, les ménages retraités consacrent en moyenne 5,6 % de leur revenu à leurs dépenses de santé, contre 2,9 % pour les autres. Et ce coût augmente avec l’âge : de 4,5 % entre 56 et 65 ans, il passe à 6,6 % entre 66 et 75 ans, avant de diminuer ensuite (Source : Drees).

Plus d'un senior sur 4 renonce à des soins

Le reste à charge est le principal motif de renoncement aux soins (75 % des cas). Il porte principalement sur les soins et appareils dentaires, mais aussi les consultations, de spécialistes notamment, ou l’optique. Le pourcentage de population ayant renoncé à des soins est particulièrement élevé dans le sud-est de la France (Source : Assurance maladie)

Premier poste de dépense : l'hospitalisation

Qu'ils soient ou non en bonne santé, le premier poste de dépenses auquel doivent penser les seniors est l’hospitalisation. D'abord parce qu'elle est rarement prévisible et souvent incontournable, ensuite parce que le reste à charge potentiel y est particulièrement élevé. Selon l’Observatoire 2018 de la Mutualité, les personnes hospitalisées ou en ALD ont aujourd’hui un reste à charge moyen de 2 900 euros avant remboursement complémentaire par leur assureur ou leur mutuelle. Les restes à charge les plus conséquents sont surtout supportés par des personnes de plus de 70 ans et/ou ayant une affection de longue durée (ALD) (Source : Irdes). 

Ticket modérateur et forfait hospitalier : les frais incontournables

Lors d'une hospitalisation, le patient garde à sa charge a minima le ticket modérateur (la partie des dépenses de santé non prise en charge par la sécu) et le forfait hospitalier qui s'élève à 18 euros par jour en 2018 et passera à 24 euros par jour en 2019.

Face à ces dépenses incompressibles, il est important de disposer d'une mutuelle. Les contrats dits "responsables" sont obligés de couvrir le forfait hospitalier sans limitation de durée et prennent en charge tout ou partie du ticket modérateur dont le montant peut être particulièrement élevé en cas d'opération lourde ou d'hospitalisation prolongée. 

Les mutuelles peuvent aussi couvrir des suppléments comme la chambre particulière : une dépense qui peut vite faire grimper le reste à charge d'une hospitalisation.

Les dépassements d'honoraires : même à l'hôpital public 

Lors d'une hospitalisation, le patient peut également être confronté aux dépassements d'honoraires des chirurgiens, des gynécologues ou ophtalmologues qui exercent à titre privé à l'hôpital. Ces derniers pratiquent des dépassements de 45 % en moyenne, mais cela varie en fonction des spécialités et du lieu d'exercice.

Les dépassements d'honoraires sont également monnaie courante lors des consultations de ville chez les spécialistes de secteur 2 (honoraires libres) avec un taux de dépassement d'honoraires de 52 % au niveau national, toutes spécialités confondues. Ce taux varie toutefois beaucoup d’une région à l’autre. Il s’élève avec la densité de spécialistes pour atteindre 114 % à Paris (Source : Assurance maladie). Ainsi la consultation peut coûter plus du double de son prix de remboursement par l’Assurance maladie !

Attention ! Une assurance complémentaire santé (ou mutuelle) responsable ne peut couvrir ce dépassement que dans la limite de 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale. Par exemple, si ce tarif de convention est de 50 euros, votre mutuelle ne pourra vous rembourser plus de 50 euros pour le dépassement. Alors renseignez-vous sur les tarifs des spécialistes avant de les consulter !

Les patients en ALD, plus exposés aux dépassements d'honoraires

Beaucoup de personnes pensent à tort qu'avoir une maladie chronique, reconnue comme « affection de longue durée » (ALD), protège des restes à charge en matière de santé. C'est doublement faux. D'abord parce que l'ALD ne couvre pas certains frais comme les dépassements d'honoraires, le forfait hospitalier, la participation forfaitaire d'un euro... ce qui représente déjà un coût non négligeable à supporter. Mais en plus, la prise en charge spécifique est strictement limitée à l'affection chronique, ce qui sous-entend que tous les soins et traitements sans rapport avec l'ALD sont remboursés selon le schéma classique. Un élément qui a son importance car certaines ALD peuvent entraîner d'autres problèmes de santé. 

Dentaire, optique et audioprothèse : des restes à charge élevés

Troisième source de reste à charge élevé chez les plus de 50 ans : les soins et appareils dentaires, l’optique, les aides auditives et autres matériels et prothèses. Même avec une complémentaire santé, comptez en moyenne 770 euros de reste à charge pour des prothèses dentaires en 2013 (Source : Drees). De quoi rappeler l’importance de bien comparer les garanties avant de choisir une assurance !

De même, les remboursements en optique peuvent être très faibles. Pour un équipement de 500 euros (monture à 200 euros et verres simples à 350 euros), les contrats individuels les plus souscrits couvrent de 55 à 300 euros, quand les contrats collectifs (mutuelles d'entreprise) vont de 155 à 450 euros en moyenne. Le reste à charge est encore plus élevé pour des verres complexes : des lunettes facturées 900 euros sont remboursées 250 euros en moyenne par les contrats individuels, 475 par les contrats collectifs, avec de forts écarts de garanties.

Enfin, le coût moyen par appareil auditif est de 1 500 euros dont 850 euros à la charge du patient, soit 1 700 euros pour les deux oreilles, tous contrats confondus. Comme les trois quarts des acheteurs d’audioprothèses ont plus de 65 ans et sont majoritairement couverts par un contrat individuel, le reste à charge est souvent bien plus élevé encore !

La fragilité accroît les dépenses de santé

Fatigue, perte de poids, faiblesse musculaire, difficultés à marcher, peu d’activité physique… Ces signes caractérisent une santé fragile dont souffriraient 15 % des personnes de plus de 65 ans en France métropolitaine. Les dépenses de santé augmentent avec le niveau de fragilité. Sur un an, elles s’élèvent en moyenne à près de 3 000 euros en produits pharmaceutiques, appareils et matériels sanitaires, optique, prothèse et transport. Les soins infirmiers, de kinésithérapeutes et autres auxiliaires médicaux dépassent les 1000 euros. En comparaison, les personnes de plus de 65 ans en bonne santé dépensent moins de 1000 euros par an sur le premier poste, et une centaine d’euros sur le second (Source : Irdes)

Les seniors et leur mutuelle

La moitié des moins de 60 ans encore (bien) couverts par leur mutuelle d'entreprise

49 % des assurés de 25 à 59 ans sont couverts par un contrat collectif d'assurance santé  (mutuelle d'entreprise). Près de la moitié d'entre eux (47 % exactement) bénéficie d'un contrat au niveau de garantie élevé, 29 % d'un contrat de niveau moyen (29 %) et 16 % entre les deux. Seulement 8 % des contrats collectifs d’entreprises souscrits sont d’entrée de gamme.

Pour les 51 % de moins de 60 ans ayant souscrit un contrat à titre individuel, celui-ci est majoritairement un contrat de milieu (70 % des contrats) ou d’entrée de gamme (23 % des cas).

88 % des plus de 60 ans couverts par un contrat individuel

Souvent retraité, les plus de 60 ans sont 88 % à être couverts par un contrat individuel. Peu nombreux sont ceux qui conservent leur mutuelle d'entreprise (contrat collectif) à la retraite car il faut alors payer la totalité des cotisations, souvent le double de ce qu'ils étaient amenés à payer en tant que salariés. Qui plus est, la prime augmente généralement au bout d’un an. Enfin, lorsque la question se pose de maintenir ou non un tel contrat, l’examen des garanties peut révéler des inadéquations par rapport aux besoins réels. Quoi qu’il en soit, 72 % des mutuelles des seniors de plus de 60 ans, à titre individuel ou non, sont de milieu de gamme. Leurs garanties ne suffisent pas toujours quand les dépenses de santé augmentent.

La prime d’assurance santé augmente avec l’âge

A l’exception de ceux de quelques mutuelles particulièrement solidaires, les contrats individuels d’assurance santé voient leurs cotisations augmenter avec l’âge des assurés. Certains de plus en plus vite, d’autres au contraire moins vite après 60 ans, et d’autres enfin de manière stable. Une enquête de la Dress sur les contrats les plus souscrits montre que mieux vaut être assuré par une mutuelle que par un assureur si l’on veut bénéficier d’un contrat favorable aux seniors. Tous types de contrats confondus, la prime moyenne d’assurance complémentaire santé d’un ménage de retraités est de 1 200 euros de 56 à 65 ans, puis de 1 500 euros de 66 à 75 ans. Les dépenses de santé des ménages diminuent après 75 ans, leurs cotisations d‘assurance aussi.