La santé des jeunes sacrifiée ?

Le président de la FFSA, Bernard Spitz, animait une conférence lors de l’Université d’été du Medef, le 27 août 2015 à Jouy-en-Josas (78). Il présentait par ailleurs son livre intitulé « On achève bien les jeunes » publié chez Grasset, disponible en librairie depuis le 2 septembre.

Faisant allusion à la récente annonce de François Hollande concernant la généralisation de la complémentaire santé pour les retraités en 2017, le président de la FFSA a tiré la sonnette d’alarme : « Certes, c’est important de se préoccuper de la complémentaire santé des personnes âgées, mais il faut savoir que, dans le même temps, 19% des étudiants n’en ont pas. »

Interviewé par l’Argus de l’assurance, Bernard Spitz a ajouté : « Dans ce contexte, l’assurance, et plus particulièrement les mutuelles étudiantes, devraient pouvoir apporter des solutions. »

« Dégradation sanitaire »

Entre autres constats sur la situation de plus en plus précaire des jeunes en France, Bernard Spitz dénonce ainsi « une véritable dégradation sanitaire de l’état des jeunes en France, notamment parce qu’ils n’ont plus les moyens de se soigner. »
A titre d’exemple, le coût de la Sécurité sociale étudiante augmente encore de 2 € à la rentrée, porté à 215 €. Et l’affiliation y est obligatoire pour une majorité d’étudiants.

Dans son ouvrage, Bernard Spitz revient sur les critiques accentuées ces derniers mois contre les mutuelles étudiantes : « Rapport après rapport, les critiques s’abattent sur un système peu encadré, pratiquant des conditions de traitement contraires au principe de délégation de service public et trop chères pour la médiocre qualité de services offerts aux étudiants. »

Pour sortir de cette situation, le président de la FFSA envisage 2 options :

  • confier la gestion des complémentaires santé étudiantes aux caisses d’assurance maladie ;
  • laisser le choix à chaque étudiant entre s’affilier à la sécurité sociale étudiante, ou maintenir son rattachement au régime de ses parents (Sécurité sociale et mutuelle). Selon Bernard Siptz, cette deuxième solution forcerait les mutuelles à améliorer leur rapport qualité/prix.

Des critiques qui se multiplient

Les mutuelles étudiantes, du moins leur gestion, font l’objet de nombreuses critiques depuis plusieurs années. Récemment, un rapport du Défenseur des droits, Jacques Toubon, soulignait qu’un 1 étudiant sur 6 renonçait à se soigner, principalement pour des raisons financières.

En 2013 déjà, la Cour des comptes avait émis un rapport dénonçant la mauvaise gestion des mutuelles étudiantes.

Ces derniers mois, l’attention s’est focalisée sur La Mutuelle des Etudiants (LMDE), placée sous sauvegarde judiciaire le 9 février 2015.

Depuis, le projet de reprise de la LMDE a connu de nombreux rebondissements. Au final, la gestion du régime obligatoire jusqu’alors assurée par la LMDE a été transférée ce jour à la Caisse nationale d’assurance maladie, la LMDE conservant simplement un rôle d’affiliation des adhérents.

Pour aller plus loin : 

> Etudiants, quelle mutuelle choisir ?

> Les aides pour bénéficier d’une complémentaire santé

> 215 € : le coût de la sécurité sociale étudiante en 2015