Actualité bouleversée

Le 13 novembre dernier, les médecins libéraux manifestaient dans toute la France contre le projet de loi Santé porté par Marisol Touraine, et en particulier contre l’une de ses mesures phares : la généralisation du tiers payant. Le même jour, la ministre de la Santé annonçait la mise en œuvre prochaine d’un nouveau plan de lutte contre les déserts médicaux.

Entre-temps, les attentats survenus à Paris et Saint-Denis dans la soirée du 13 novembre ont éclipsé ces préoccupations, et les médecins ont aussitôt suspendu leur mouvement

Du fait de cette sombre actualité et des priorités dictées par l'état d'urgence, l’examen du projet de loi Santé en 2ème lecture devant l’Assemblée nationale, initialement prévu le 16 novembre, a été repoussé trois fois et vient seulement de reprendre aujourd’hui 27 novembre devant les députés. 

Un plan reposant sur 10 engagements

Le 26 novembre, lors du 15ème Congrès annuel du Collège national des généralistes (CNGE) à Dijon, Marisol Touraine a dévoilé le « Pacte Territoire Santé 2 », son plan de lutte contre les déserts médicaux en France.

Ce plan vise un objectif d’installation de 1000 médecins généralistes libéraux supplémentaires d’ici 2017, et de porter à 1000 le nombre de maisons de santé sur le territoire.

Le dossier de presse du ministère de la Santé développe les 10 engagements pris à la fois envers les patients et les futurs médecins. Voici les principales mesures concrètes de ce plan : 

  • augmentation de 6,4% du numerus clausus (nombre de médecins autorisés à être formés dans les écoles) dans 10 régions en manque de praticiens ;
  • augmentation du nombre de médecins enseignants ;
  • création d’un portail Internet (www.paps.sante.fr) destiné à accompagner les nouveaux médecins dans leur phase d’installation et dans leur pratique quotidienne ;
  • investissement de 40 millions d’euros dans des équipements de télémédecine pour les soins urgents et les patients chroniques ;
  • financement spécifique des cabinets acceptant de recevoir des patients sans rendez-vous pour désengorger les services d’urgences ;
  • ouverture des stages en cabinets de ville à d’autres spécialités que la médecine générale
  • renforcement des aides financières à l’installation de jeunes médecins dans les zones de désertification médicale ;
  • soutien financier à la création ou rénovation de maisons ou centres de santé regroupant plusieurs professionnels de santé ;
  • augmentation du nombre de médecins correspondants du SAMU, pour garantir à chaque Français un accès aux soins urgents en moins de 30 minutes

2,5 millions de Français concernés

Hasard du calendrier ou coïncidence, le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a publié le 26 novembre les Atlas régionaux de la démographie médicale.

Au terme de ce document, on apprend que la France métropolitaine compte 192 déserts médicaux dans lesquels vivent près de 2,5 millions de personnes.

Les régions les plus défavorisées en termes d’accès aux soins sont le Centre (43 zones identifiées), Poitou-Charentes (22) et Haute-Normandie (18). A l’inverse, certaines régions comme l’Ile-de-France, la Corse, l’Auvergne ou la Champagne-Ardenne ne subissent pas ce phénomène de désertification médicale.

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