Des pratiques en quête de reconnaissance

Les médecines douces font de plus en plus d’adeptes, qui sont convaincus par le mieux-être qu’elles procurent, ou qui cherchent des alternatives aux traitements de la médecine traditionnelle.

Or, le recours à ces pratiques peut vite s’avérer coûteux, car le coût des consultations est souvent élevé, et qu’elles nécessitent en général plusieurs séances.

Mais quels que soient les bienfaits réels ou supposés de ces disciplines, le fait est qu’à ce jour leur efficacité n’est globalement pas reconnue, tant par la communauté scientifique, que par l’Assurance maladie. 

Les disciplines prises en charge par la Sécu

Actuellement, seules 4 médecines douces sont reconnues dans une certaine mesure, et partiellement prises en charge par la Sécurité sociale, à condition d’être pratiquées par un médecin conventionné. Ce médecin peut exercer une activité de généraliste ou de spécialiste (par exemple un dermatologue pour la mésothérapie, un kinésithérapeute pour l’ostéopathie…).

Les disciplines reconnues sont :

  • l’homéopathie : les traitements par médicaments homéopathiques sont remboursés à 30% s’ils sont prescrits par le médecin.
  • l’ostéopathie : la Sécurité sociale peut prendre en charge la consultation d’un ostéopathe, si celui-ci est par ailleurs conventionné de secteur 1. Dans ce cas, votre consultation est remboursée par l’Assurance maladie sur la base du tarif de convention prévu pour un médecin généraliste, c'est-à-dire actuellement 70% de 23 € - 1 € de participation forfaitaire, soit au final 15,10 €.
  • l’acupuncture : elle peut être prise en charge, si elle est pratiquée par un médecin acupuncteur. Il s’agit en général d’un médecin généraliste ayant suivi une formation complémentaire interuniversitaire reconnue par l’État.
  • la mésothérapie (micro-injections de médicaments sous la peau) : la sécurité sociale peut prendre en charge le traitement de douleurs ou d’affections par cette pratique. En revanche tout traitement à visée esthétique (cellulite par exemple) ne sera pas remboursé.

Lorsqu'il sera admis, le remboursement de la Sécurité sociale sera effectué sur la base du tarif de convention pour la consultation d’un médecin généraliste de secteur 1. Tout dépassement d’honoraires restera à la charge de l’assuré, d’où l’intérêt pour vous d’avoir une mutuelle qui rembourse bien ces dépassements. Ce qui sera d'autant moins évident que le gouvernement a imposé, depuis le 1er avril 2015, un plafonnement dans le remboursement des dépassements d'honoraires.

Renseignez-vous auprès de votre praticien !

Quelle que soit la médecine douce à laquelle vous envisagez de recourir, pensez à demander au praticien s’il est conventionné ou non.
Vos éventuels remboursements par la Sécu dépendent de cette condition !

Les pratiques non prises en charge par la Sécu

Bien qu’il n’existe pas de définition officielle des médecines douces, il existe plus de 150 disciplines considérées comme telles :

  • Aromathérapie,
  • Ayurveda,
  • Chiropraxie,
  • Etiopathie,
  • Hypnose,
  • Kinésiologie,
  • Luminothérapie,
  • Magnétisme,
  • Naturopathie,
  • Phytothérapie,
  • Réflexologie,
  • Sophrologie,

Autant de pratiques non reconnues par l’Assurance maladie, c’est-à-dire que leur efficacité thérapeutique n’est pas suffisamment démontrée d’un point de vue scientifique.

Par conséquent, l’Assurance maladie ne couvre pas les dépenses liées à la consultation de praticiens qui exercent des disciplines, ni les traitements éventuellement prescrits.

La prise en charge des mutuelles

Pour les pratiques reconnues (et remboursées) par l’Assurance maladie, la mutuelle se charge d’effectuer le remboursement du Ticket modérateur (partie des dépenses de santé restant à la charge de l’assuré après le remboursement de la Sécu).

Pour les disciplines non reconnues, les mutuelles peuvent prendre en charge certaines d’entre elles.

En effet, ces médecines alternatives, considérées comme préventives, peuvent contribuer à diminuer les dépenses de santé des assurés qui y ont recours.

C’est pourquoi, bien souvent à côté des forfaits de sevrage tabagique, de plus en plus de mutuelles intègrent dans des packs « bien-être » des forfaits de remboursement pour certaines médecines douces, dont les montants sont très variables d’une enseigne à l’autre. 

Des remboursements limités

Lorsqu’elles prennent en charge les médecines douces, les mutuelles limitent leurs remboursements à certaines disciplines, et surtout à un forfait annuel.

Evaluez bien vos besoins et le budget annuel que vous souhaitez consacrer à vos traitements par médecine naturelle.

Pour aller plus loin

> Comprendre les remboursements de l'Assurance maladie et de votre mutuelle