Qui sont les vendeurs de médicaments sur Internet ?

Pour ouvrir légalement une e-pharmacie, c'est à dire un site Internet de vente en ligne de médicaments, il faut être pharmacien, titulaire ou gérant d’une pharmacie d’officine (y compris les pharmacies mutualistes) établie en France. Le site Internet de la pharmacie devra être déclaré à l’Agence Régionale de Santé (ARS) dont le pharmacien dépend pour qu’elle autorise son lancement.

Pour des raisons de qualité et de sécurité, le pharmacien est responsable du contenu du site web de sa pharmacie. Il doit y appliquer les mêmes règles déontologiques que dans sa boutique, notamment l’absence de publicités, de promotions sur les médicaments dont les présentations doivent être « objectives, claires et non trompeuses ». La pharmacie en ligne est le prolongement virtuel de l’officine.

Le ministère de la santé vient de publier un code de bonnes pratiques pour encadrer le lancement de ces pharmacies en ligne.

Quels médicaments trouve-t-on dans les pharmacies en ligne ?

Les quelques 4000 médicaments qui peuvent désormais être vendus sur Internet sont ceux qui sont disponibles en accès libre dans les pharmacies.

Concrètement, il s’agit donc par exemple de traitements contre la fièvre, les états grippaux, les maux de tête, les problèmes gastriques… Il ne s’agit pas de médicaments inscrits sur la liste des spécialités remboursables et prescrits sur une ordonnance par un praticien agréé.

La liste des médicaments en accès direct est disponible sur le site internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

Les médicaments vendus sur Internet sont-ils remboursés ?

Ces médicaments, lorsqu’ils sont achetés au comptoir d’une pharmacie ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Les acheter sur Internet ne change rien : vous paierez l’intégralité de leur prix de votre poche.

Si l’Assurance maladie ne les rembourse pas, qu’en est-il des mutuelles ? Généralement, les complémentaires santé (mutuelles, assurances et institutions de prévoyance) remboursent seulement les médicaments prescrits par les médecins. Elles ne prendront  donc pas en charge ces médicaments achetés sans ordonnances. Certaines mutuelles, si vous avez souscrit cette option ou que vous avez un contrat très haut de gamme, peuvent néanmoins rembourser quelques dizaine d’euros par an. Au final, Internet ou officine, l’automédication a un coût.

Y a-t-il des risques avec les pharmacies en ligne  ?

Ceci n'est pas propre aux e-pharmacies, mais il faut tout d’abord rappeler que l’automédication n’est pas sans risque puisqu’elle peut entraîner des mauvais usages de médicaments. Ne pas respecter les indications des notices ou faire certains mélanges de médicaments peut être dangereux. Il faut bien lire les notices, respecter les posologies et avoir conscience des contre indications. L’automédication est même déconseillée aux personnes qui ont des problèmes de santé importants, pour les symptômes graves… Selon certains la vente en ligne réduit le rôle de conseil du pharmacien pourtant garant de la bonne utilisation des médicaments, surtout s’ils ne sont pas prescrits par un médecin.

D’autres observateurs s’inquiètent aussi de l’utilisation des pharmacies en ligne par des personnes suicidaires ou toxicomanes (par exemple) qui pourraient détourner de leur usage certains produits qu’ils pourront se procurer plus facilement sur Internet qu’en officine… De même, les enfants mineurs pourraient tricher sur leur age en renseignant le formulaire à remplir avant tout achat en ligne de médicaments, alors que ce n’est pas possible dans une officine.

Comment éviter les e-pharmacies illégales ?

Le plus grand risque reste de se connecter à un site de vente de médicaments non autorisé. Même si plusieurs milliers d’entre eux ont été fermés en 2012 dans le monde, les sites illégaux restent nombreux. Après moins d'un mois d'existence, en France, une dizaine d'e-pharmacies, à côté des 42 sites autorisés, font déjà l'objet d'un dépôt de plainte pour absence d'autorisation. D'apparence française, leurs sites sont hébergés à l'étranger et vendent surtout ds stimulants sexuels... Le problème avec de tels sites ? Ils ne fournissent généralement que des informations partielles sur les produits : indication, posologie et précautions d’emploi font souvent défaut… Pire, vendus hors des circuits normaux de distribution, ces médicaments ne respectent pas les procédures de sécurité et les contrôles en vigueur.

Le risque principal avec une pharmacie en ligne non autorisée est d’acheter des médicaments contrefaits ou dont la date de consommation a expiré. Il est en effet admis qu’autour de 50% des médicaments vendus sur le net sont faux : mal dosés, de mauvaise qualité, ne contenant pas de substances actives ou fabriqués avec des substances toxiques… Certains produits vendus n’ont même pas reçu l’autorisation d’être commercialisés en France.

Il faut donc bien vérifier que la pharmacie en ligne présente les informations qui vous permettent de vous assurer d’être sur une e-pharmacie légalement autorisée. Vous devez trouver facilement l'identification de l’officine dont le site web est l’extension, un lien vers les sites de l’Ordre national des pharmaciens, du ministère de la Santé et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Un logo (en cours de création au niveau européen) devra également bientôt être affiché sur toutes les pages des pharmacies sur Internet pour identifier celle qui sont légales.

Sachez aussi que vous pouvez vérifier l’authenticité du site sur lequel vous souhaitez acheter en vous assurant qu’il est dans l’annuaire des pharmacies en ligne autorisées les Agences de Santé sur le site de l’Ordre national des pharmaciens.

Enfin, quelques signes doivent pouvoir vous alerter et vous inviter à vérifier l’authenticité de l'e-pharmacie que vous consultez. Les fautes d'orthographe, des numéros de téléphone et/ou fax ne renvoyant pas vers la France, des adresses Internet (url) qui varient d'une page à l'autre au fil des redirections, la présence au catalogue de médicaments vendus seulement sur ordonnance, des prix manifestement beaucoup trop bas... sont autant d'indices qui doivent vous inviter à la prudence, voire à la "fuite".

La naissance du marché français de la vente en ligne de médicaments suscite de nombreuses réactions (notamment de la part de certains pharmaciens d’officine) qui dénoncent surtout l’affaiblissement de la relation de soin associée à la vente de médicaments et la sécurité des données informatiques sur la santé des patients échangées via ces sites. D’autres, par contre, regrettent le cadre légal trop contraignant qui rendrait ce marché peu rentable en ne permettant pas le regroupement de pharmaciens pour mutualiser la logistique ou pour créer des places de marché (marketplaces) partagées par plusieurs e-pharmacies. Enfin, même si elle n’est pas envisagée par le Gouvernement, la vente de médicaments dans les supermarchés est également revenue dans l’actualité…

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le texte de l’Arrêté du 20 juin 2013 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments par voie électronique.